L'oxygénothérapie et le traitement de l'apnée
Les troubles respiratoires du sommeil
Degré de l'activité de l'apnée
Traitement pour la narcolepsie-cataplexie
"Agir pour mieux dormir", conférence grand public à Québec
Cinq (5) conférences Grand Public
Le samedi 10 septembre 2011 à Québec
Télécharger notre dernier bulletin
La dyschronie est la non-synchronisation de l'horloge biologique interne avec l'horaire social. C'est l'échappement du rythme circadien du sommeil à l'influence des synchroniseurs. Elle se nomme aussi : trouble du rythme circadien, retard ou avance de phase du sommeil.
Les sujets qui présentent un syndrome de retard de phase ressentent l'envie de dormir tardivement au cours de la nuit ou tôt le matin. À l'opposé, les personnes qui présentent une avance de phase se couchent trop tôt et se réveillent aussi trop tôt. Les uns comme les autres peuvent alors subir, surtout s'ils sont de gros dormeurs, des privations de sommeil sévères se manifestant sous forme de dysfonction cognitive ou encore d'humeur dépressive. Ils peuvent présenter les symptômes suivants : fatigue, faiblesse, céphalées, irritabilité, humeur dépressive, troubles de concentration et de mémoire, troubles digestifs, troubles cardiovasculaires, frissons, bouffées de chaleur et menstruations irrégulières.
Il y a des sujets qui sont incapables de conserver une relation de phase stable par rapport au rythme de 24 heures. Ils dorment tantôt le jour, tantôt la nuit. Leurs rythmes circadiens sont perturbés malgré un environnement normal. Ils sont, pour des raisons inconnues, parfaitement insensibles aux synchroniseurs externes.
L'horloge biologique interne est située dans le cerveau, plus précisément dans le noyau
suprachiasmatique de l'hypothalamus. Elle assure l'harmonisation de nos rythmes internes tels que éveil-sommeil, température du corps, la faim, la sécrétion d'hormones, etc. Lorsqu'une personne est complètement coupée de synchronisateurs externes, dans une grotte par exemple, elle adopte spontanément un rythme éveil-sommeil de plus de 24 heures. Les personnes normales voient donc leur horloge biologique interne se synchroniser quotidiennement avec des synchronisateurs externes.
Pour la plupart des espèces végétales et animales, l'alternance lumière-obscurité joue le rôle de synchronisateur prépondérant. Les signaux lumineux perçus par la rétine sont interprètés par le noyeu suprachiasmatique de l'hypothalamus. La nuit, des sugnaux d'obscurité sont transmis à la glande pinéale qui, par l'intermédiaire de la secrétion nocturne de mélatonine, informe l'organisme entier de la survenue de la nuit. Mais d'autres signaux périodiques de l'environnement peuvent également intervenir comme synchronisateurs : l'heure des repas, l'alternance bruit-silence, haud-froid, activité-repos des autres individus de l'espèce.
Chez les personnes atteintes de dyschronie, l'horloge interne ne réagit pas normalement aux synchronisateurs externes. Leur horloge interne suit son propre rythme interne suit son propre rythme indépendamment de l'horaire social. Ce sont des gens qui ne dorment pas la nuit ou qui n'ont pas une nuit complète.
Les personnes dyschroniques ont en général un horaire de sommeil très rigide. Impossible pour eux et elles de ne pas dormir lorsque leur horloge le commande et aussi impossible de dormir en dehors de leurs heures même si leur dette de sommeil est élevée.
Ce syndrome se trouve à tous âges et en général il est génétique.
Les problèmes sont nombreux. Ce trouble n'étant pas encore connu, beaucoup souffrent très longtemps avant d'obtenir un diagnostic.
Les dyschroniques sont souvent considérés commes des paresseurx, car pendant les vacances leurs plaintes de fatigue disparaissent. En effet, vivre eb respectant leur propre rythme leur permet d'obtenir un sommeil quantitativement satisfaisant. Ou bien, ils sont perçus comme des gens ayant de mauvaises habitudes de sommeil. Ils finissent par le croire. Cela entraîne une baisse de l'estime de soi, un éloignement de la famille et d'énormes problèmes dans diverses situations sociales et professionnelles.
Dormir le jour n'est pas évident. Le bruit ambiant, le téléphone, la tempéraure, etc.entraînent souvent un sommeil fragmenté et non réparateur.
La personne dyschroniqque a de la difficulté à se trouver un travail ou à le garder. En effet, les horaires de travail ne tiennent pas compte de ceux et celles qui ont un retard ou une avance de phase.
Ces personnes souffrent d'une dette de sommeil chronique. Ce manque chronique de sommeil peut avoir des conséquences graves quoique mal connues sur la santé physique et psychologique.
Les personnes dyschroniques ont un rythme veille-sommeil désorganisé par rapport à la société et par conséquent ils réduisent au minimum leurs contacts sociaux. Souvent, ils doivent fairer un deuil social douloureux.
Lorsque ces personnes sont hospitalisées, en plus du problème pour lequel elles sont à l'hôpital, elles souffrent d'un manque de sommeil, car le personnel hospitalier ne les laisse pas dormir selon leur propre rythme. En effet, l'horaire hospitalier, pour les repas, pour la toilette, pour les soins, les siestes, etc., est fait en fonction d'un horaire social et des besoins de la gestion et des syndicats et non pas en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Pour les personnes dyschroniques, ceci a des conséquences très graves et peut compromettre leur guérison.
Certaines personnes souffrent en silence pendant des années voire toute leur vie en espérant qu'un jour elles s'habitueront à un horaire socialement accepté.
Les professionnels de la santé savent peu de choses sur la dyschonie et ils sont souvent incapables de reconnaître les symptômes qui lui sont généralement associés. D'autre part, les personnes atteintes ont du mal à comprendre ce qui leur arrive. Elles n'ont pas les mots pour exprimer leur souffrance. Par conséquent, leur famille, leurs amis, leurs éducateurs et leurs employeurs ont encore plus de difficulté à les comprendre.
La dyschronie est très difficile à diagnostiquer, car contrairement à l'insomnie, les personnes atteintes de dyschronie ne sont pas toujours conscientes de la source de leur malaise. On pourrait penser que ces gens n'ont pas de bonnes habitudes de vie. Il faut bien comprendre que pour ces gens, leur horaire éveil-sommeil n'est pas une question d'habitude, mais bien que leur horloge biologique ne réagit pas normalement.
Il arrive souvent que ces personnes soient traitées pour insomnie. Mais, dans leur cas la dose recommandée n'agit pas normalement. En effet, prendre des somnifères en dehors de ses heures de sommeril n'est pas efficace. De plus, comme il s'agit d'un trouble chronique, les somnifères ne sont pas recommandables.
Il arrive que ces personnes abusent de l'alcool ou de drogues avec la bonne intention et la volonté de se conformer aux heures acceptables d'éveil et de sommeil.
Comme les symptômes d'une dette de sommeil chronique ressemblent à ceux de troubles mentaux comme la dépression et que certaines personnes dyschroniques souffrent de dépression saisonnière, elles sont plus souvent traitées avec des anti-dépresseurs qui s'avèrent inefficaces.
La première étape est de remplir un agenda du sommeil. Mais, pour une personne qui doit se plier à un horaire de travail, cet agenda devra être corroboré par ux examen au polysomnographe.
La polysomnographie nocturne n'objective pas d'anomalie majeure en dehors d'une très longue latence d'endormissement quand on force le patient à se coucher à une heure socialement admise. Il est indispensable de réaliser une polygraphie de 24 heures afin d'éliminer d'une part les insomnies liées au syndrome de mouvements périodiques des jambes et apnées du sommeil et d'autre part confirmer l'absence d'anomalie importante de l'architecture du sommeil sur le nycthémère.
Un diagnostic juste et rapide d'un trouble du cycle éveil-sommeil peut vous épargner, à vous et à votre famille, des années de strress émotionnels et de souffrances inutiles. Si vous soupçonnez que vous ( ou un membre de votre famille) souffrez d'un tel trouble, demandez à votre médecin de famille de vous envoyer à un spécialiste ou communiquez avec nous.
La dyschronie ne se guérit pas. Toutefois, il y a possibilité d'amélioration. Le traitement fait appel à des rééducations chronobiologiques, à la lumière, à l'obscurité et aux agents pharmacologiques comme la mélatonine. En revanche les hypnotiques classiques sont générales inefficaces.
Si votre dette de sommeil est élevée, vous devez d'abord respecter votre horaire de sommeil afin de diminuer votre fatigue.
Pour certains dyschroniques, l'horloge biologique interne peut être «remise à l'heure sociale» grâce à la photothérapie.
La photothérapie est l'exposition à une lumière vive. Par exemple, une lumière vive est un éclairage sous lequel il n'est pas nécessaire d'utiliser un flash pour prendre une photo. Une exposition tôt le matin avance l'horloge biologique. Ceci est recommandé pour les gens en retard de phase. Il consiste à exposer le sujet, tôt le matin à une lumière vive. Et restriction lumineuse dès 16 heures à l'aide de lunettes de soleil.
Une exposition en soirée retarde l'horloge biologique. Les personnes qui s'endorment trop tôt auraient davantage à s'exposer à la lumière vive en soirée.
Une meilleure compréhension de ce trouble aidera les dyschroniques à fonctionner le plus normalement possible en société. Fondation Sommeil est là pour toutes personnes atteintes de troubles liés au sommeil dont celles souffrant de troubles du rythme circadien.
Des fonds de recherche sont nécessaires pour faire progresser les connaissances dans ce domaine et pour établir des méthodes de traitement et de gestion plus efficaces et plus satisfaisantes.
Ce texte a été rédigé par Anne-Marie Bédard de Fondation Sommeil, le premier décembre 2004